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J’ai voulu mon chiot. Je l’ai attendu plusieurs années. J’ai mis un an avant de m’arrêter sur le choix d’une race et d’un élevage. Bref, mon chiot était fortement attendu et espéré.

J’ai lu plusieurs livres, épluché des blogs et j’ai même choisi de passer un certificat de formation pour être consultante spécialiste de la cohabitation Homme/chien. Tout ça pour être certaine d’être bien préparée avant l’arrivée de mon chiot, de savoir m’en occuper correctement et de pouvoir le guider sereinement dans ses apprentissages et en faire un chien bien dans ses poils.

C’est bien beau la théorie, mais dans la pratique, j’en ai quand même bavé ! Je savais que j’aurai beaucoup de temps à consacrer à mon chiot, que parfois ce serait difficile, mais je pense que j’avais un tantinet sous-estimé l’énergie que ça allait me prendre.

Je trouve que ce côté-là de l’éducation du chiot est peu exposé et pourtant, punaise, parfois qu’est-ce que c’est dur !

Beaucoup d’apprentissages en même temps

Ce n’est qu’aux 5-6 mois d’Hélios que j’ai (enfin) eu le sentiment de sortir la tête de l’eau. Avant, j’ai l’impression que tout mon temps libre lui était consacré.

Les premières nuits peuvent être agitées et sont souvent courtes. Petit chiot séparé de sa mère et de sa fratrie est traumatisé et perdu dans sa nouvelle maison. Personnellement j’avais fait le choix de dormir dans la même pièce que lui les premières nuits. Mais j’étais généralement levée entre 5h et 6h du matin car lui était bel et bien réveillé. Et puis quand Hélios a commencé à comprendre qu’il lui était demandé de ne pas faire ses besoins dans la maison, il appelait la nuit pour sortir (ce qui en soit est plutôt top!). J’ai donc fait pendant quelque temps des sorties aussi pendant la nuit, où deux fois dans ma nuit (déjà courte) je le sortais pour qu’il fasse ses besoins. Je ne vous dis pas l’état de fatigue le lendemain… Du coup parfois j’ai dit « tant pis » et ne l’ai pas sorti, trop fatiguée pour. Mais j’ai culpabilisée fortement en me disant que je n’aidais pas mon chien à acquérir la propreté

La première tâche du matin était généralement de sortir Hélios le plus vite possible (surtout le premier mois) pour éviter un nouveau pipi/caca sur le sol de la maison. Après tout, il y avait déjà suffisamment à nettoyer comme ça !  En pyjama mais couverte de plusieurs couches de vêtements je m’empressais de l’emmener sur son lieu de prédisposition pour faire ses besoins (à l’époque je n’avais pas de jardin). Et ce, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il gèle … Peu importe, Hélios avait besoin d’apprendre à faire ses besoins dehors. Le temps qu’il se mette dans les bonnes dispositions si je puis dire, ça pouvait prendre un peu de temps. J’ai parfois passé 15-20 minutes à attendre qu’il fasse ses besoins. Le passage d’un chat, un bruit, une voiture qui passait pouvaient le distraire au début…

Ces sorties très matinales m’ont appris la patience. Je savais que si je m’énervais, si je m’impatientais, Hélios s’inquiéterait ; je serais alors bonne pour attendre encore plus longtemps qu’il fasse ses besoins.

Généralement ma deuxième tâche du matin était de nettoyer les « accidents » de la nuit. Je vous laisse imaginer (ou pas si vous le vivez vous-même) de sentir ces odeurs nauséabondes quasiment au lever du lit…

J’avoue que j’ai trouvé très précieux le parc à chiot. Il m’a permis d’isoler mon chiot dans un espace sécurisé où je pouvais le laisser seul quand j’avais besoin de me concentrer sur certaines tâches.

Ce qui me fait penser à l’apprentissage de la solitude. J’en suis vite arrivée à habituer progressivement Hélios à rester seul. Mais ça a été quand même une phase difficile émotionnellement pour moi comme pour lui… Quand j’entendais mon chiot pleurer ou hurler de détresse, je n’avais qu’une envie : le rejoindre tellement c’était déchirant. Mais non, je devais tenir, je devais faire face en me disant que ce n’étais qu’un (mauvais) moment à passer, pour lui comme pour moi. Ouais, plus facile à dire qu’à faire. J’ai trouvé ça particulièrement dur moi. Je me souviens encore des moments passés derrière la porte d’entrée à attendre que mon chiot se calme et arrête de pleurer avant de pouvoir rentrer.

Quand je vous dis que presque tout mon temps libre était consacré à mon chiot, je ne pense pas mentir. J’avais heureusement pris des congés pour l’accueillir (je vous le conseille fortement). Ces congés sont passés très vite, consacrés surtout à la découverte de plein d’endroits différents pour bien socialiser mon chiot, l’apprentissage de la marche en laisse, les nettoyages (toujours), les sorties, l’apprentissage de la solitude… ah si et aussi la cohabitation avec Hatos, le chaton de la maison (pour en savoir plus sur la cohabitation chiot/chat: Accueillir un chiot quand on a déjà un chat).

Et j’ai continué tout ça après quand j’ai repris le travail.

Dans la semaine le matin était consacré au strict nécessaire : sorties et nettoyages. Je rentrais aussi le midi et là encore, sorties et nettoyages.

Le soir, quand je rentrais dans les premiers temps je devais nettoyer ce qu’il y avait à nettoyer. Je dois dire que j’ai eu une période où j’ai un peu eu l’impression d’être madame pici/caca, mais bon… heureusement, c’est passé. Puis, j’emmenais Hélios en voiture ou à pied dans un environnement inconnu mais sécurisé pour que là encore il découvre un maximum de choses nouvelles. J’en profitais pour travailler un peu les ordres de base (assis, couché, stop…) mais jamais trop longtemps parce que ses capacités de concentration étaient limitées. Cette promenade était ma bouffée d’air frais de la journée. Ce n’était parfois pas facile après la journée de boulot de faire l’effort d’emmener Hélios dans un nouvel endroit, mais une fois en promenade je passais généralement un excellent moment avec lui.

De retour à la maison, je le laissais en liberté et non plus confiné à son parc à chiot où il avait passé généralement la journée. Mais ahah, qui disait liberté disait besoin de surveillance ! Tout, littéralement tout, intéresse un chiot. Votre chausson que vous avez laissé traîner, le papier toilette dans vos WC, la poubelle de la cuisine, le crayon que vous avez laissé sur la table basse… il suffit parfois d’avoir tourné la tête une seconde pour le retrouver avec un mouchoir dans la gueule ou un feutre… Et puis quand la phase mordillement a commencé, mon chiot s’est transformé en piranha ! A l’attaque ! Des meubles, des tapis, de son couchage, de mes bas de pantalons, de mes mains… Vigilance vigilance je vous dis ! Alors là ce sont les jouets qui sont d’un grand secours. Le kong, la corde (qu’il s’amusait à balancer dans la pièce), et bien d’autres jouets sont passés (et ont résisté) aux petites dents pointues de mon chiot.

Alors bon, voilà, des moments parfois pas évidents, et souvent fatigants. Ca fait quand même beaucoup de choses en même temps!

L’importance du lâcher-prise

J’ai eu des périodes d’épuisement. Et le problème avec les périodes d’épuisement, c’est qu’on fonctionne vite sur les nerfs. Je le confesse, il m’est arrivé quelques fois de perdre mes moyens. C’était la goutte qui faisait déborder le vase dans une journée chargée, épuisante…J’ai beaucoup culpabilisé. Au bout de 2-3 fois où j’ai « pété un plomb », j’ai réalisé que ça ne m’avançait à rien et surtout qu’il fallait que je fasse des concessions dans les exigences que j’avais, surtout par rapport à moi-même. La priorité étant que je garde une belle relation avec mon chiot et tant pis si les apprentissages notamment de la propreté prenaient plus longtemps par ma faute. Alors j’ai lâché du lest : comme je l’ai dit plus haut, je ne me levais plus pendant la nuit, parfois le midi ou le soir je préférais rentrer au bout d’un moment même si Hélios n’avait pas fait tous ses besoins, plutôt que de m’impatienter, même si le risque était de retrouver un pipi/caca en rentrant à la maison. Tant pis.

Même le soir, il m’est arrivé de laisser Hélios un peu dans son parc pour que je puisse me consacrer un peu de temps pour moi. Ca fait toute la différence ; en tout cas pour moi ça l’a fait.

Le weekend était plus facile. Vu que j’avais plus de temps dans la journée pour nous, je pouvais consacrer plus de temps aux activités d’Hélios, prendre le temps de faire les choses tranquilou (sorties, promenades, éducation etc.) avec mon chien.

Le doute a beaucoup fait partie de mon quotidien également. Envie de bien faire, savoir gérer mes réactions et actions, ce n’était parfois pas facile.

Des moments « magiques » aussi

Mais vous savez quoi ? Toutes ces « contraintes » en valaient la peine.

Parce que j’ai le plaisir d’avoir un chien affectueux, qui apprécie le contact et les câlins. Rien que pour ça c’est un petit bonheur chaque jour (et ça l’était déjà quand il était chiot).

Parce que j’ai adoré observer mon chiot apprendre. Sa réaction face à un sac poubelle volant, son premier face à face avec un cheval, une vache … C’était génial à regarder. J’avais un peu l’impression de redécouvrir le monde à travers lui.

Parce que j’ai tout simplement pris plaisir à le regarder dormir, explorer, ou jouer.

Et puis parfois qu’est-ce que c’était fun aussi, il faut bien le dire ! Les jeux entre mon chiot et mon chaton, ses interactions avec d’autres chiens, le flairage d’objets qui paraissent tout à fait anodins pour moi mais qui pouvaient paraître surprenants pour lui (mais jamais pour très longtemps).

Parce que j’ai tissé une belle relation, de confiance, avec mon chien. Ce fut et ce sont toujours de bons moments où j’apprends à communiquer avec lui et lui apprend aussi à me comprendre. Et ça aussi ça donne des instants magiques. Quand il suffit d’un regard, d’un mouvement de la main, pour que votre chien/chiot comprenne ce que vous attendez de lui, c’est extraordinaire.

Et parce que mine de rien, il m’oblige à prendre l’air, à me dégourdir les jambes et marcher pour l’emmener en promenade. Et ça ça fait du bien et en plus, ça me fait explorer de nouveaux endroits !

Cet article, j’ai longtemps hésité à l’écrire. Et puis je me suis souvenue que je m’étais sentie très seule dans mes moments de doute et de fatigue avec mon chiot. Alors voilà, je tenais à raconter ma propre expérience. Pour vous dire que si vous aussi vous avez vécu ce type de moments, cette fatigue, ces doutes… vous n’êtes pas seul. Quand vous sentez que c’est trop dur, faites un break, lâchez du lest. Gardez-vous des moments pour vous. Faites des siestes si le pouvez. Bref, préservez vous, votre relation avec votre chiot n’en sera que meilleure (et c’est quand même ce qui compte beaucoup non?).

N’hésitez pas aussi à faire appel à un professionnel du chien si vous vous sentez débordé. Personnellement, à cette période j’ai de temps en temps consulté mes collègues comportementalistes pour discuter de ma cohabitation avec mon chiot et mon chat. Ca m’a vraiment bien aidé.

La période « chiot » est difficile mais en même temps plutôt magique au final. Profitez de tous ces moments privilégiés avec votre chiot, il va grandir très vite!