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Apprendre à votre chiot à rester seul est incontournable pour que vous puissiez le laisser sereinement quand vous allez au travail ou quand vous êtes absent de chez vous, pour quelque raison que ce soit. Apprendre à votre chiot à rester seul, cela fait partie de son éducation, pour une cohabitation complice mais apaisée, où votre chiot ne redoutera pas la séparation et l’isolement.

L’attachement est tout à fait normal chez le chiot

Votre chiot s’attache à sa mère à l’élevage lorsqu’il commence à l’entendre et la voir.

Sa présence et le calme qu’elle procure sécurisent le chiot. Cela lui permet d’explorer le monde autour de lui, souvent par des va-et-vient entre sa mère et son environnement, de s’y familiariser.

Lorsque les dents de lait du chiot apparaissent, la mère l’écarte lui et sa fratrie de ses mamelles (ben oui ça lui fait mal !) ou s’éloigne. Même si la mère reste l’être sécurisant, le chiot apprend alors à s’attacher à d’autres, comme ses frères et sœurs, d’autres chiens de la famille, les éleveurs… Par contre, le détachement ne peut qu’être perturbé quand la mère ne fait pas ce travail d’éloignement ou que les chiots sont retirés de leur mère trop tôt.

Quand vous accueillez votre chiot chez vous, il perd tous ses repères, le détachement de sa mère, sa fratrie, ses éleveurs est assez brutal. En même temps qu’il s’ajuste à son nouveau milieu de vie, il créé alors un nouvel attachement avec vous et votre famille et vous suivra naturellement partout.

Vous devenez sa nouvelle base sécurisante, qui lui permettra de continuer d’explorer sereinement toutes les nouveautés qui se présenteront à lui et construire ainsi petit à petit ses capacités d’adaptation.

Vous l’aurez compris, l’attachement est indispensable au chiot pour lui permettre de se socialiser, apprendre et se développer.

Malgré tout, il vous appartient de poursuivre le travail de détachement débuté par la mère de votre chiot. Il est indispensable de lui apprendre dès que possible mais progressivement à gérer sereinement sa solitude, au risque que certaines situations quotidiennes d’absence deviennent difficiles voire que votre chiot développe des troubles d’anxiété liés à votre séparation.

chiot bouledogue endormi dans les bras d'une femme

De l’importance d’apprendre à votre chiot à rester seul tranquillement

Le chiot qui subit la solitude sans y avoir jamais été habitué vocalise sa détresse par des aboiements ou des hurlements aigus. Non seulement cela peut être gênant pour vous (moi ça me déchirait le cœur au moment de l’apprentissage d’Hélios chiot) mais cela représente une nuisance pour vos voisins, qui risquent de mal supporter cette situation et ces vocalises.

Certains chiots manifestent également leur détresse par des activités auto-centrées de léchages importants, des atteintes à l’environnement (grattages de portes, mâchonnement d’objets vous appartenant etc.).

Dans la mesure du possible, prévenez vos voisins de l’acquisition de votre chiot, ils seront peut-être plus à même d’être patients s’ils ont été mis au courant de la situation.

Et surtout, commencez rapidement à habituer votre chiot à la solitude!

chiot endormi à côté d'une paire de chaussures

Comment procéder dans l’apprentissage de la solitude du chiot

Apprentissages du chiot la maison

Avant même d’être absent de la maison, il est indispensable de travailler le détachement et la prise de distance à la maison.

Ne répondez pas aux demandes d’attention, de jeu, de contact de votre chiot. C’est vous qui devez être à l’initiative des interactions avec lui, en l’appelant à vous.

Profitez des plages de sommeil encore longues de votre chiot pour vaquer à vos occupations chez vous. Laissez-le seul quelques minutes dans son espace de vie puis augmentez peu à peu le temps où il est seul pendant que vous êtes dans une autre pièce.

Quand vous circulez chez vous, fermez les portes derrière vous. Que ce soit quand vous allez à la salle de bain, aux toilettes, dans le garage, déposer un sac dans une poubelle etc.

Attitude à adopter vis-à-vis de votre chiot lors de vos départs

La durée des absences et donc le temps où votre chiot est laissé seul ne peut qu’être progressif. Commencez par des petites sorties de 5 min (par exemple aller acheter le pain, emmener ses bocaux de verre au tri etc.) et augmentez petit à petit la durée de votre absence.

Ne manifestez pas d’attention à votre chiot avant votre départ : ne le regardez pas, ne lui parlez pas, ne le touchez pas.

Ne culpabilisez pas de laisser votre chiot seul ; c’est un cap un peu difficile à passer, certes, mais c’est pour le bien-être de votre chiot et du vôtre ! Si vous êtes nerveux au moment de partir, cela risque de se traduire au niveau de votre comportement : va-et-vient, regards furtifs vers votre chiot, etc. Votre chiot pourrait le sentir, au risque de créer une situation anxiogène…

Si vous restez derrière la porte d’entrée pendant cinq minutes après votre départ et que vous n’entendez rien, n’en tirez pas de conclusion hâtive. Cela ne veut pas dire que votre chiot ne va pas aboyer et hurler le reste de la journée.

Pour ma part, j’ai trouvé difficile de vraiment savoir si mon chiot était tranquille pendant mes absences. Pour mesurer un peu l’évolution dans les apprentissages, j’installais et mettais en marche un dictaphone au moment de mon départ. La vidéo peut être intéressante aussi…

Comportement avec votre chiot lors de vos retours

De la même façon qu’à votre départ, votre retour doit être un maximum banalisé. Ne manifestez pas d’attention à votre chiot (même s’il y a eu des dégâts en votre absence). Je le répète, ne lui parlez pas, ne le regardez pas et ne le touchez pas. Et surtout, pas d’effusion de joie ou à l’inverse de manifestation d’agacement ! Banalisation et neutralité !

L’apprentissage de la solitude se fait généralement en même temps que l’apprentissage de la propreté du chiot. S’il y a eu déjections en votre absence, nettoyez hors de la présence et de la vue du chiot.

Si vous accueillez votre chiot pendant vos congés (je suis pour !), il est impératif de démarrer l’habituation à la solitude rapidement, c’est même le moment parfait pour le faire ! Imaginez sinon la difficulté pour votre chiot: il a été couvert d’attentions chaque jour depuis qu’il est là et voilà que tout à coup du jour au lendemain il se retrouve complètement seul.

Prévenir l’anxiété de séparation du chiot ou jeune chien

Si l’apprentissage de la solitude du chiot s’est bien déroulée, à la puberté votre jeune chien devient autonome et supporte la solitude temporaire sans difficulté. Par contre, si le jeune chien est dans une situation de dépendance avec vous, il y a risque d’hyperattachement avec anxiété de séparation.

Le Dr Joël Dehasse décrit dans son livre « Tout sur la psychologie du chien » (2009) les signes de détresse généralement présentés lors de la séparation d’avec une figure majeure d’attachement:

  • Signes de stress: agitation, grattage des issues, tentatives d’échappement; vocalises aigües, pleurs; miction et/ou défécation par peur ; léchage du corps et alopécie (chute de poils) ; inhibition des activités (refuse de manger et de boire)
  • Signes d’hyperattachement: comportement « collant », exploration en étoile sans jamais s’éloigner beaucoup des figures d’attachement, hypervigilance et signes de détresse au départ des figures d’attachement, signes excessifs d’accueil au retour des figures d’attachement
  • Signes de comportements infantiles: communication avec chiens et gens par des postures basses, des comportements infantiles de mordillements, des appels au jeux fréquents; abondance de postures basses et de signes d’apaisement ; maturation sexuelle tardive et en cas d’excitation sexuelle, appels au jeu à la place de tentatives de copulation.

Ce n’est que mon avis personnel, mais je pense que certains chiens ont une personnalité dépendante: même si vous avez fait le maximum pour apprendre à votre chiot à rester seul (et ça peut fonctionner mais punaise il ne faut jamais relâcher l’apprentissage!), le détachement et l’autonomie demeurent compliqués.  En plus de ce qui a été présenté précédemment, occuper votre chiot avec des activités d’exploration et de mâchonnement pendant votre absence sera très utile pour l’apprentissage de la solitude: par exemple, lui laisser un kong fourré, l’inciter à aller chercher ses croquettes dans un tapis de fouille (« snuffle mat »)…

N’hésitez pas aussi à demander conseil à votre vétérinaire, qui pourra vous prescrire des médicaments pour soulager la détresse de votre animal et ainsi vous accompagner dans l’apprentissage du détachement de votre jeune chien.

N’oubliez pas que le chien est un animal social. Le laisser seul plusieurs heures dans la journée est difficile pour lui, essayez de trouver un équilibre dans vos absences. Si c’est pour le laisser 10 à 12heures par jour seul, ce n’est pas la peine de prendre un chien. Et si vous pouvez lui faciliter vos absences, encore mieux ! Un petit kong fourré pour l’occuper, un bruit de fond avec la télé ou la radio, un break le midi pour une petite sortie…

chien qui regarde par la fenêtre